Vanessa Yeung '92

Après TFS - Vanessa Yeung '92

Siena Maxwell
Pour notre profil Après TFS du mois de Janvier 2026, nous nous sommes entretenus avec Vanessa Yeung '92
TFS : Veuillez décrire votre parcours après TFS.

VANESSA YEUNG : Après l’obtention de mon diplôme de TFS, j’ai suivi des cours à l’Université Western, avec l’intention de faire un double cursus en sciences politiques et en français. Pourtant, après 3 ans d’études, j’ai été reçue à la faculté de droit et j’ai quitté avec un baccalauréat en sciences politiques. J’ai choisi l’Université de la Colombie-Britannique pour mes études de droit parce que je voulais aller dans l’Ouest. Cependant je suis retournée à Toronto pour terminer ma dernière année à l’Université de Toronto dans le cadre d’un échange d’un an. Après cela, je suis devenue avocate d’affaires et j’ai exercé sur Bay Street pendant 15 ans.
 
Honnêtement, j’ai toujours su que le droit n’était pas ce que je voulais faire toute ma vie. Mais je suis contente de l’avoir fait, car bon nombre des compétences sur lesquelles je m’appuie aujourd’hui proviennent de ma formation d’avocate.
 
Après la naissance de mon deuxième enfant, j’ai quitté mon cabinet privé et j’ai rejoint le service interne de la banque de Montréal (BMO). J’ai passé 2 ans au département juridique, puis j’ai complètement quitté le monde juridique. J’ai d’abord dirigé l’unité des enquêtes financières au sein du département de lutte contre le blanchiment d’argent, gérant une grande équipe chargée d’enquêter sur les crimes financiers.

J’ai passé au total 4 ans dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d’argent, occupant différents postes. J’ai développé un programme extraterritorial de personel d’appoint, géré des équipes de robotique, de données et d’automatisation et supervisé des projets technologiques. Après mon expérience  dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d’argent, j’ai occupé un poste axé sur les projets où je dirigeais une équipe de spécialistes des données élaborant des modèles de risque pour la Commercial Bank. Ce travail a suscité un certain intérêt à l’interne, et j’ai été personnellement choisie pour travailler sur un autre projet à court terme mais à l’échelle de l’entreprise avec un conseiller de confiance du PDG. J’ai mis à profit cette expérience pour accéder à mon poste actuel de directrice des données et de l’analyse pour la gestion de patrimoine, un poste de direction chez BMO.

Je suis fière de mon parcours professionnel non linéaire. Je n’aurais jamais imaginé une carrière dans le domaine des données. Mon poste actuel n’existait même pas lorsque j’ai obtenu mon diplôme en droit. Ma stratégie a été de rester ouverte aux nouvelles possibilités et d’éviter de dire non. Quand des portes s’ouvrent, il faut les franchir.
 
 TFS : À quoi ressemble une journée typique pour vous ?

VANESSA YEUNG : En tant que directrice des données et de l’analyse, je dirige une équipe d’environ 100 personnes. Nous fournissons des données, des analyses, de l’automatisation et un soutien en intelligence artificielle (IA) à nos activités de gestion de patrimoine. Au quotidien, j’ai souvent l’impression d’être un chef de jeu de tape-taupe, confrontée à de nombreuses escalades de problèmes.
 
Une part importante de ma journée est consacrée aux réunions, où j’apporte mon point de vue, prends des décisions ou contribue à débloquer des problèmes. Je consacre également beaucoup de temps à communiquer avec mes collaborateurs directs, dans un rôle d’entraîneuse, en les aidant à résoudre leurs difficultés.
 
Je rencontre régulièrement mes parties prenantes. Mon rôle est très horizontal, et je considère mes parties prenantes comme des partenaires et des collaborateurs. J’aime penser que ma fonction consiste à leur fournir un service essentiel, c’est pour cela que la gestion des parties prenantes représente une part importante de mon travail.
 
Ce que je préfère dans mon travail, c’est mettre en œuvre le programme de transformation que j’ai défini pour notre équipe. Nous avons entamé notre initiative de modernisation des données il y a quelques mois, et je suis vraiment enthousiaste à propos de ce travail. Je suis quelqu’un qui a une vision d’ensemble. J’ai une vision claire de la direction que je souhaite donner aux choses, et j’associe cette vision à de solides capacités d’exécution. Je consacre également du temps à l’apprentissage de l’IA et je lis beaucoup pour rester bien informée.
 
TFS : Qu’est-ce qui vous procure le plus de satisfaction dans votre travail ?

VANESSA YEUNG : Pour moi, il y a deux choses. J’ai occupé de nombreux postes au sein de la banque, et si vous examinez mon parcours professionnel, une constante se dégage : j’aime les projets qui ont un début, un milieu et une fin. Les « rôles routiniers » ne me dynamisent pas longtemps. Mener un programme de transformation, oui. J’ai besoin de quelque chose d’ambitieux à entreprendre. Avoir une vision et amener un organisme à la concrétiser, voilà ce qui me motive.
 
La seconde consiste à encadrer d’autres personnes. Bien que j’aie toujours assumé le rôle d’entraîneuse et de meneuse, plus récemment, j’ai agi de manière intentionnelle à ce sujet. Je comprends maintenant qu’une partie essentielle de mon travail consiste à former d’autres meneurs. L’expression « la marée montante soulève tous les bateaux » est tellement vraie, et je retire une grande satisfaction à constater comment l’encadrement peut améliorer les performances et l’expérience professionnelle des individus.
 
TFS : Comment la langue française et le bilinguisme ont-ils influencé votre carrière ?

VANESSA YEUNG : Je n’utilise pas le français quotidiennement, mais c’est vraiment très pratique. Mon fils, Matthew (promotion 2025), qui a commencé en maternelle, vient d’obtenir son diplôme de TFS et, au fil des ans, j’ai été heureuse de pouvoir mener les entretiens parents-enseignants en français. J’utilise aussi mon français quand je voyage.

Pendant mes études universitaires, j’ai travaillé l’été comme agente des douanes à l’aéroport. Le fait d’être bilingue m’a aidé à décrocher cet emploi et j’utilisais quotidiennement mon français pour parler aux passagers lors de leur passage en douane.
 
TFS : Quelles compétences apprises ou leçons tirées à TFS appliquez-vous le plus souvent à votre travail ?

VANESSA YEUNG : TFS m’a appris à bosser ! Il arrive parfois que l'on ne veuille pas s'engager dans une tâche spécifique, mais qu'on garde le cap et qu'on le fasse malgré tout. La persévérance associée à la résilience sont des qualités précieuses, et j’ai perfectionné ces compétences à TFS.
 
TFS m’a aussi appris à penser. Le cours Théorie de la connaissance a eu une incidence incroyablement forte sur ma vie. Cela m’a poussé à développer mon esprit critique, à considérer des perspectives diverses et à remettre en question les idées reçues. À bien des égards, la Théorie de la connaissance a eu plus d’influence que mes cours de premier cycle et a certainement constitué un fondement essentiel de mes études de droit.
 
En résumé, TFS m’a appris à la fois la discipline et la flexibilité intellectuelle.
 
TFS : Quelle a été votre expérience la plus mémorable à TFS ?

VANESSA YEUNG : J’en ai tellement ! Je me souviens avoir eu du mal à sauter les haies dans la classe de Mme Oder. Plus tard, voir mon fils exceller dans son cours d’éducation physique a été particulièrement satisfaisant. Les randonnées jusqu’au Collège Glendon pour nager et les repas prisés au camion restaurant d’Hamida avant même l’ouverture de la cafétéria restent de bons souvenirs.
 
J’ai organisé un défilé de mode chez TFS, qui reste l’un de mes meilleurs souvenirs. J’avais toujours rêvé d’être créatrice de mode, alors je me suis dit, pourquoi ne pas organiser un défilé? Aujourd’hui encore, quand j’entends « Love Shack » du groupe The B-52’s, cela me rappelle toujours mon défilé de mode. Je me souviens encore du sentiment de satisfaction que j’ai ressenti quand tout s’est mis en place. Je ne suis jamais devenue créatrice de mode, mais j’aime toujours la mode, et cette expérience chez TFS reste gravée dans ma mémoire.
 
TFS : Quels conseils donneriez-vous aux élèves actuels ?

VANESSA YEUNG : Le conseil que je donnerais aux élèves actuels est le même que celui que j’ai donné à Matthew, qui vient d’obtenir son diplôme : Commencez dès maintenant à bâtir votre réseau. Réussir ses études, c’est important, mais ce n’est pas suffisant. Les relations humaines sont importantes.
 
Deuxièmement, ne sous-estimez pas les compétences non techniques telles que le leadership, la communication efficace, l’adaptabilité et la résilience. À mesure que l’IA perturbe de plus en plus le monde du travail, les compétences humaines deviennent de plus en plus cruciales. Trouvez des expériences scolaires qui vous aideront à développer vos compétences relationnelles.
 
J’encouragerais également les élèves à faire preuve d’ouverture d’esprit quant aux différents parcours professionnels. Il est plus probable aujourd’hui que jamais de voir votre carrière prendre un ou plusieurs tournants, et c’est tout à fait normal. Enfin, sachez que le chemin vers la « réussite professionnelle » peut prendre de nombreuses formes et qu’il s’agit d’un marathon, pas d’un sprint.
 
TFS : Pendant vos études à TFS, qu’auriez-vous aimé savoir qui aurait pu mieux vous préparer à la vie après l’obtention de votre diplôme ?

VANESSA YEUNG : J’aurais aimé savoir que je devais prendre en main mon propre développement professionnel. Je n’étais pas préparée à cela. En réalité, à TFS, le soutien aux élèves est tellement important qu’il se poursuit à l’université. Mais, une fois entré dans le « monde réel », vous êtes livré à vous-même.
 
De plus, même si les notes restent importantes à l’université, votre réputation, vos relations et vos compétences relationnelles compteront davantage avec le temps. Avoir une bonne réputation qui vous précède vous aide (et votre CV) à vous démarquer. Disposer d’un vaste réseau s’avère utile pour de nombreuses raisons, et cela commence par vos amis de TFS. Restez en contact avec eux! Enfin, lors d’un recrutement, j’examine attentivement les compétences non techniques du candidat ou de la candidate, telles que ses aptitudes en communication et en leadership, ainsi que des exemples de sa résilience et de sa capacité d’adaptation. Les compétences techniques sont un prérequis. Mais une personne possédant à la fois d’excellentes compétences relationnelles et des aptitudes techniques est une perle rare.
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