Après TFS - Armen Bazarian '05

Siena Maxwell
Pour notre profil Après TFS du mois de Février 2026, nous nous sommes entretenus avec Armen Bazarian '05
TFS : Veuillez décrire votre parcours après TFS.

ARMEN BAZARIAN :
Après avoir obtenu mon diplôme de TFS, je suis allé à McGill pour mon baccalauréat en psychologie, suivi d’une maîtrise en psychologie du développement à l’Université de Toronto. Tout au long de ma scolarité, j'adorais la musique et j’en ai toujours fait. Je n’aurais jamais pu y renoncer. Après avoir obtenu ma maîtrise, j’ai décidé de me consacrer sérieusement à la musique, même si cela me semblait un peu cliché à l’époque, et j’ai réorienté ma carrière.

Après avoir acquis de solides compétences en production et en logiciels musicaux, j’ai commencé vers 2012 à travailler professionnellement dans l’industrie musicale. Cela fait une dizaine d’années environ que j’y occupe divers postes. Aujourd’hui, je suis concepteur sonore et producteur de musique pour le cinéma, la télévision, la publicité et la baladodiffusion. Je compose, je fais de la conception sonore et je m’occupe de tâches plus techniques comme le mixage, le matriçage et le nettoyage audio. Il s’agit d'un éventail assez large de travaux liés au son, ce qui rend les choses intéressantes.

À TFS, je jouais dans la fanfare, mais j’avais aussi mon propre groupe en dehors de l’école, appelé Chester. Nous donnions des concerts un peu partout en ville, accompagnés de nos amis. C’est ainsi qu’a démarré ma carrière de rockeur. À TFS, certains professeurs soutenaient particulièrement mon côté créatif. M. Doughty, mon professeur d’art dramatique, était incroyablement encourageant, et Mme Cret, ma professeure de mathématiques, a reconnu que j’avais un côté sensible et créatif. Je me souviens encore d’une réunion parents-professeurs où elle a dit à mes parents que j’étais doté d’un véritable esprit créatif et qu’il fallait l’encourager. Ce sont des propos qui m’ont marqué.

TFS : À quoi ressemble une journée typique pour vous ?

ARMEN BAZARIAN : Je travaille à domicile et j’ai un studio dans mon loft. Comme je travaille à mon compte et que je suis assez occupé, j’essaie de garder un rythme de neuf à cinq. Le matin, je me lève à une heure raisonnable, je fais ma séance de luminothérapie et, généralement, je lis. J’aime commencer la journée en douceur. Vers neuf heures, je travaille généralement sur divers projets. Même si mon activité principale actuelle est un balado intitulé Search Engine, basé à New York, j’entreprends d’autres projets au fur et à mesure qu’ils se présentent. Certains jours, je mixe un disque; d’autres jours, je me consacre entièrement à mon balado. Ça dépend.

TFS : Qu’est-ce qui vous procure le plus de satisfaction dans votre travail ?

ARMEN BAZARIAN :
Sans aucun doute, le fait de pouvoir être créatif de tant de manières différentes. J’ai choisi ma propre voie, ce qui me donne une grande flexibilité, à laquelle j’accorde une grande valeur. Je peux travailler n’importe où et adapter mon emploi du temps à ma vie, et non l’inverse. J’ai sacrifié à l’exploration
et à la créativité le niveau de confort et de sécurité qu’offre un emploi plus traditionnel. Ce choix me convient parfaitement.

TFS : Comment votre expérience à TFS vous a-t-elle aidé à arriver là où vous êtes aujourd’hui ?

ARMEN BAZARIAN :
La communauté TFS a vraiment inspiré le chemin que j’ai suivi. C'est une petite communauté tricotée serrée : nous étions environ 50 élèves dans ma promotion et ce sentiment d’appartenance reste gravé dans chacun de nous. Le fait d’avoir fait l'expérience de cet environnement à TFS influence le type de personnes et de communautés qu’on recherche plus tard dans la vie.

TFS : Comment la langue française et le bilinguisme ont-ils influencé votre carrière ?

ARMEN BAZARIAN :
L’apprentissage du français n’est pas quelque chose qu’il faut tenir pour acquis. Avoir reçu une éducation bilingue m’a offert des possibilités auxquelles je ne m’attendais pas. Même en voyageant hors des pays francophones, parler français facilite les échanges, notamment en Europe. Je me suis simplement rendu compte que cela a élargi mes liens avec les gens. Il n’est pas surprenant que j’habite Montréal, une ville que j’adore. Je ne pense pas que j’aurais pu mener cette vie sans parler français. Même si l’on peut se débrouiller sans parler la langue, certaines personnes qui ne la parlent pas peuvent s’y sentir isolées. Personnellement, bien que je n’utilise pas mon français tout le temps, je me sens vraiment chez moi ici et j'ai l’impression de pouvoir profiter de tout ce que cette ville peut offrir.

TFS : Quelles compétences ou leçons tirées de TFS employez-vous le plus souvent dans votre travail ?

ARMEN BAZARIAN :
Ça peut paraître bizarre, mais TFS m’a appris qu’il était normal d’être moi-même : d’humeur enjouée et le clown de la classe. C’est une école sérieuse qui valorise la discipline, mais elle a aussi un côté plus léger que les gens ne voient pas toujours. Même s’ils me réprimandaient parfois pour mes plaisanteries, je pense que les enseignants se disaient aussi « tiens, ce gamin est plutôt drôle » et n’ont jamais essayé de me faire taire. Cela a fait de TFS un espace très sûr pour moi. C’était un endroit où l’on pouvait repousser les limites dans une certaine mesure, ce qui m’a aidé à être mieux dans ma peau. Cette confiance en moi, qui m’a toujours accompagné, continue d’influencer ma façon de travailler aujourd’hui.

TFS : Quelle a été votre expérience la plus mémorable à TFS ?

ARMEN BAZARIAN :
Je dirais passer du temps avec des amis après l’école. On déambulait dans les couloirs et on parlait de la vie, des professeurs, des relations humaines. C’était le décor idéal pour nous. Ce sont les moments passés avec mes amis qui restent les plus marquants.

TFS : Quels conseils donneriez-vous aux élèves ?

ARMEN BAZARIAN :
À l’école, on a souvent l’impression que les enjeux sont terriblement élevés, surtout à l’approche de l’inscription à l’université. On subit une forte pression : il faut avoir de bonnes notes et se faire admettre dans la « bonne » école, et l’on a parfois l’impression qu’il ne faut pas faire le moindre faux pas. En réalité, la situation est loin d’être aussi critique. Il y a beaucoup plus de flexibilité que ce que l’on vous laisse croire. Si vous n’êtes pas admis dans le programme constituant votre premier choix, vous pouvez souvent demander un transfert ou réessayer l’année suivante. Vous avez encore beaucoup de temps devant vous.

Je viens d’une famille qui attachait une grande importance à la réussite scolaire et qui n’encourageait pas vraiment les congés sabbatiques entre les étapes du parcours scolaire. Avec le recul, je me rends compte qu’il ne faut pas avoir peur de prendre son temps, que ce soit entre le lycée et l’université ou entre deux niveaux scolaires. On ne perd rien à sortir des sentiers battus, parfois trop traditionnels. On a plus de liberté pour expérimenter que vous ne le pensez.

TFS : Qu’auriez-vous aimé savoir, pendant vos études à TFS, qui aurait pu mieux vous préparer à la vie après l’obtention de votre diplôme ?

ARMEN BAZARIAN : Je dirais que TFS est une petite communauté et peut donner l'impression d’être un peu comme une bulle. C’est pourquoi il m’a été difficile de m’adapter à la taille du campus de McGill. Il y a un grand pas à franchir pour le gros poisson qui vivait dans un petit étang et se trouve soudain être un petit poisson dans un grand lac. Je pense qu’il est utile de conserver tout ce que TFS peut offrir tout en dépassant ses limites. Faire du bénévolat, participer à des activités scolaires et pratiquer des activités en dehors du cadre scolaire peut élargir vos perspectives et faciliter cette transition.

Je dirais aussi qu’il faut être ouverts aux gens qui nous entourent. Les amis que j’ai rencontrés durant mes études ont façonné mon parcours professionnel et m’ont présenté des personnes qui m’ont donné mes premières chances dans l’industrie musicale. J’ai même eu la chance de travailler avec des artistes vraiment géniaux, grâce aux contacts que j’ai noués dans un studio de Toronto. Au final, ce sont surtout les gens que vous rencontrez en chemin qui comptent.
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